16.11.2011

Les Marches belges dans l'Entre-Sambre-et-Meuse

Marches militaires et folkloriques

à caractère belge

 

 

 

0 Introduction

1 Fait historique

2 Particularités

3 Nos marches belges dans le giron des marches belges aux 4 coins de la Belgique

4 Nos marches belges dans le giron des marches à travers l’Europe

5 Sites iconographiques conseillés

 

 

 

0 Introduction

 

Erronément appelées « marches du 2e Empire », elles reprennent des costumes de l’époque belgo-hollandaise ou belge. Parmi celles-ci, on compte un certain nombre de marches hybrides, où sont venus s’incruster des pelotons de zouaves ou du 1er Empire. Certaines furent carrément remplacées par des costumes du 1er Empire. Pour quelle raison ?

 

Quelque temps avant que plusieurs compagnies ne passent des costumes du « 2e Empire » au « 1er » dans les années 1960-1970, un événement très important a marqué l’histoire politique du pays : 

"Il reste que les événements de Louvain inquiètent non seulement en Belgique, mais aussi à  l'étranger, notamment quant au rôle que le général de Gaulle, Président français, aurait pu jouer dans cette affaire. Dès le 13 février 1968, l'ambassade de Grande-Bretagne à Bruxelles écrit à Londres que "les Wallons constituent la prochaine sérieuse cible de la subversion
française." (. ..)
L'auteur d'un rapport daté de mars 1968 réalisé par l'ambassade de Grande-Bretagne, et pris très au sérieux à Londres, précise que la Sûreté belge, s'inquiète de l'encouragement français à l'activisme wallon (...)."

(La France a divisé la Belgique dès 1968 ..., in : La Libre Belgique 28/09/04, in : Delta, 4, 2005, p.23)

 

Il est vrai qu’à cette époque, des journalistes, voire pratiquement tous les journaux francophones (et néerlandophones) ont été sollicités pour exciter les Belges (« Wallons », « Flamands ») les uns contre les autres…

(NB Assez bizarrement, les mêmes campagnes de presse étaient lancées en Suisse et au Canada respectivement contre les anglophones et les germanophones, sans oublier le Grand-Duché. Allez, devinez qui tirait les ficelles !)

Des responsables de marches (Aisemont, Vitrival, Névremont, …) ont-ils été influencés malgré eux par cette vague de propagande quotidienne, de racisme anti-« flamand » et de tentative (avortée) de rattachisme ? Mystère, encore que les pressions étaient fortes à cete époque.

Toujours est-il que, pour certaines personnes heureusement extérieures aux marches, les marches dites du 1er Empire ont servi et servent de tête de pont pour une certaine idéologie politique rattachiste ou pour séparer les Belges entre eux.

Il faut dire que nos compatriotes marcheurs de Rochefort (sortie tous les 7 ans), de Tubize, tous en costumes belges, n’ont pas été touchés par cette gangrène…

Comme quoi, le fait de porter un costume du « 1er Empire » implique des enjeux politiques pas très ragoûtants… et nous éloigne sournoisement de l’objectif principal de nos marches.

 

Bref, nos marches belges sont plus respectueuses du caractère propre à nos marches car, suivant l’historique des costumes qui les caractérisent, elles sont moins susceptibles de dérives révisionnistes (cf http://entre-sambre-et-meuse-marches-dérives.skynetblogs....)

qui apparaissent çà et là dans les marches dites du 1er Empire, trop souvent à la merci de fanatiques du dictateur Napoléon.

 

Sur ce, on ne tarira pas d’éloge envers l’Association des Marches qui, voici deux ans, a lancé son nouveau logo comportant un tambour aux cercles noir-jaune-rouge, en remplacement de l’aigle impérial. (in : Le Marcheur, juin 2005)

 

 

 

1 Fait historique

 

Rappelons ce fait très peu connu mais tout à fait symbolique suvenu lors de la deuxième guerre mondiale :

“A l’Oflag IIA (Prenzlau), le 21 juillet 1941, les officiers et soldats prisonniers imaginèrent, “pour tuer le temps”, d’organiser un prestigieux cortège folklorique.  Toutes les régions de Belgique étaient représentées et chacun avait fait de son mieux avec des moyens de fortune. (les tabliers des sapeurs étaient, par exemple, des toiles d’emballages de colis).  Le cortège s’ouvrait par la “‘Compagnie de la Jeunesse de l’Entre-Sambre-et-Meuse.”  Sous un soleil de plomb, nous défilâmes devant les autorités militaires belges du camp - il y avait là plus de 40 généraux - proclamant à notre manière notre fidélité à la petite patrie et notre foi inébranlable dans les destinées de la Belgique.  Nos gardiens eux-mêmes, émerveillés, mais ne comprenant pas sans doute la signification symbolique de notre geste, avaient envie d’applaudir.  Nous, les acteurs, nous avions les larmes aux yeux et un pincement au coeur.”

(in J. Roland, Les “marches” militaires de l’ESM, TV, 2e partie, 59-60, 1950, p.390)

 

 

 

2 Particularités

 

 

Sart-Eustache

(Masset Christian, La Saint-Roch fixée sur la pellicule, VA 07/08/06)

L'originalité de cette marche réside aussi dans un de ces pelo­tons, les Sans-Culotte. Ces révo­lutionnaires illustrent une page de l'histoire du village. En effet, lors de la révolution, des Fran­çais ont tenté d'entrer dans l'église du village.              

Le curé s'est interposé et nul n'a pu entrer. Lundi, tous ont donc tiré le sans-culotte. Un mannequin en costume a été pendu au centre de la place de­vant l'église. Petits et grands, l'un derrière l'autre, ont tiré dans le mannequin jusqu'à ce que celui-ci s'enflamme. La 26e sortie s'est clôturée par la re­traite aux flambeaux. Le ciel, s'est illuminé de milles feux.

 

Lire aussi : Le feu de file au 'Sans-Culotte'

' Le 1er juin 1793, 700 à 800 Français entrent à Sart-Eustache et dévastent l' église malgré l' opposition des villageois, notamment du marguillier Jean Stassart.'

" L' imagination aidant, la mise en scène prit forme: placer la potence sur le parvis de l' église, y simuler un envahisseur français le 'Sans-Culotte', partisan de la révolution, et représenter les villageois défenseurs de l' église par nos Marcheurs."

(in: Sart-Eustache, 11-12-13 août 1984, Marche St-Roch, p.48)

 

 

Chastrès

La Compagnie St-Roch possède dans ses rangs un peloton unique de conscrits de 1833, les premiers soldats de l’armée belge

 

Thuin

Les Volontaires Belges de 1830 de Thuin.

Cette compagnie, née en 1988, rappelle les Thudiniens volontaires pour combattre l’ennemi hollandais lors des journées révolutionnaires de septembre 1830. Ils se sont illustrés dans les combats pour l’indépendance nationale, notamment aux environs de Wavre. L’uniforme se compose d’une coiffe de fourrure noire à cocarde tricolore et d’un triangle d’étoffe rouge. On note aussi le pantalon blanc, le sarrau bleu du paysan et les guêtres noires. L’armement se constitue d’un sabre briquet et d’un fusil à cartouches.

 

Compagnie Royale des Chasseurs-Carabiniers de Thuin (Ville-Basse)

Cette société est la plus ancienne compagnie de " Marcheurs " de Thuin. Elle fut fondée, suite à un grave incendie à Thuin, qui causa la mort de plusieurs personnes, le premier dimanche de mars 1868, sous le nom de " Chasseurs-Pompiers de Thuin Ville-Basse ".

Ses " Statuts " précisent que la compagnie est établie dans un but : de bienfaisance, dévouement et charité, en vue de secourir la population de Thuin en cas d’incendie. Ils précisent aussi que la compagnie participera chaque année à la " Procession Saint-Roch ". Des dispositions très strictes réglaient l’entretien de la " pompe à bras " et du matériel.

Les Chasseurs-Pompiers firent leur devoir " au feu " jusqu’en 1940. Après la création de Pompiers communaux, la raison d’être de nos Pompiers-volontaires n’existat plus, ceux-ci se consacrèrent uniquement au " Folklore ". La Compagnie prit le nom de " Chasseurs-Carabiniers " de l’armée belge de 1845, dont elle porte l’uniforme depuis sa fondation : chapeau noir de forme tronconique surmonté d’un panache en plumes de coq, tunique " vert-épinard " réhaussée d’une fourragère " jonquille ", pantalon gris dit " gris-belge ".

Défilant avec des fusils authentiques d’avant 1914, les Chasseurs-Carabiniers se déplacent en Belgique et à l’étranger à l’occasion de manifestations, cortèges et marches folkloriques.

 

Société Royale des Zouaves Pontificaux de Thuin.

Cette société est issue du régiment formé en 1860, à l’initiative du comte Xavier de Mérode, prélat belge et ministre des armées pontificales de Pie IX. Il fut dissous en 1870. Dès 1871, à Bruges, à Anvers et dans nos régions, les Zouaves se retrouvent et forment des associations. Ils participent activement à la vie religieuse de leur communauté. A Thuin, la société des Zouaves Pontificaux naquit en 1875. Elle est Société Royale depuis 1991. La société, forte d’une bonne centaine de membres, se compose de différents pelotons . Ce sont les sapeurs qui, avec leurs haches et leurs tabliers de cuir blanc, ouvrent la marche. Ils sont suivis du tambour-major et d’une batterie. Viennent ensuite les étendards et leurs gardes. Ces derniers précèdent les pelotons de zouaves avec leurs fusils. La société se ferme enfin sur les gardes et porteurs auxquels on confie souvent les reliques lors des processions. Outre la Saint-Roch et la Sainte-Barbe de Thuin, la société a connu d’autres moments forts : la rencontre avec Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, lors de sa visite en Belgique en 1985 ; la participation au 900ème anniversaire de la Grande Procession de Tournai, la procession Notre-Dame des Lumières à Baudour, les Fêtes Folkloriques de Lens,…

 

Les Sœurs Grises de Thuin.

C’est en 1988 qu’est né ce groupe féminin. Il rappelle les religieuses présentes à Thuin depuis 1513 et qui s’occupaient des malades à l’Hôpital Sainte-Elisabeth de Thuin, au quartier de la Pierraille. L’hôpital a aujourd’hui disparu. Par contre, le " Posty " (poterne) par lequel les Sœurs joignaient leur couvent (Ville-Haute), à l’hôpital existe toujours actuellement. Les dames du groupe portent la robe de bure des Sœurs Grises et une coiffe blanche.

 

Compagnie Royale des Pompiers des Waibes de Thuin.

Lorsque le 11 mars 1908, Monsieur Octave MERCIER et ses collaborateurs fondèrent la société des Pompiers des Waibes, c’était uniquement pour des raisons vitales. Les pompiers volontaires des Waibes intervinrent en de nombreuses circonstances pour maîtriser maints sinistres à l’aide de leur pompe à bras. Après la création du corps des pompiers communaux, la société est devenue société folklorique et participe aux cortèges en Belgique et en France. Depuis 1961, elle a adopté l’uniforme des anciens pompiers de Paris.

 

Compagnie Royale des Pompiers de la Ville-Haute de Thuin

Société royale fondée en 1886, sous le nom de " Pompiers Volontaires ". La compagnie était dotée d’une pompe à bras pour combattre le feu. La pompe était entretenue avec grand soin et des exercices avaient lieu fréquemment le dimanche et parfois même le lundi. Le premier commandant fut Monsieur Eugène MANTIA. Elle a déjà participé à des exercices de tir avec les sociétés de pompiers de Baillièvre, Baileux, Clermont, Rance et Ragnies.

 

Les Sapeurs et Artilleurs du Second Empire de Biercée.

Le siège de cette société fondée en 1989 est situé à Biercée. Son effectif actuel est d’environ 140 hommes dont la moitié provient de ce village de Thudinie. Elle n’a pas vraiment de président effectif à ce jour mais un commandant qui est, en même temps, le secrétaire ainsi qu’un major qui se tient à cheval dans le cortège. Son drapeau, sur fond bleu, porte deux cerises rouges, emblème de Biercée et deux canons croisés. Il est escorté par les enfants du groupe. Les Sapeurs du Second Empire portent un pantalon blanc, des gants blancs et un tablier blanc avec baudrier bleu sur veste de couleur. Les Artilleurs portent le pantalon rouge à lignes bleues et épaulettes vertes sur veste de couleur. Ils possèdent un canon muni d’une escorte et de puissants tromblons pétaradant au cours de la marche.

 

Compagnie Royale des Enfants de Sainte-Barbe de Ragnies.

Cette société de lutte contre l’incendie a été fondée en 1869 sous le nom de " Enfants de Sainte-Barbe " et a été reconnue officiellement en 1924. Dès 1936, tout en continuant le service incendie de Ragnies, la société s’orienta vers le folklore et participa à la Marche Saint-Roch de Thuin. En outre, elle participe à la fête de Biesme-sous-Thuin, aux sorties de juin et de Sainte-Barbe. Elle possède deux authentiques pompes à bras.

 

(extraits du site internet sur la marche St-Roch de Thuin)

 

 

Furnaux

En 2003 fut constituée dans ce village une marche où tous les costumes sont des copies de ceux des volontaires de 1830. 

 

Saint-Aubin

La compagnie de Saint-Aubin a organisé les fastes du 175e anniversaire de la Belgique.

(ni : Florennes – Saint-Aubin / « Rendez-vous dans 25 ans… », VA 09/11/05)

 

Morialmé

La marche St-Pierre de Morialmé a également fêté les 175 ans de la Belgique, mais par une

marche en sarraus avec les sociétés folkloriques locales.

 

Florennes

Pour la deuxième fois, la compagnie des « Blancs » de la marche St-Pierre de Florennes a défilé à Bruxelles en 2005 lors de la Fête Nationale le 21 juillet.

(in : VA 06/04/2005)

 

Gerpinnes

Une grande statue du tambour-major du Second Empire, figure emblématique des marches folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse, a été érigés au rond-point du Bultia sur la N5 Charleroi-Couvin.

(in : G.I., Gerpinnes / Un soldat du Second Empire sur la nationale 5, LS 29/03/1999)

 

 

 

3 Nos marches belges dans le giron du folklore belge aux 4 coins de la Belgique

 

En matière de civisme, rappelons que, en dehors de l’Entre-Sambre-et-Meuse, les marches de Rochefort, Visé, Lembeek, les groupes d’un village des Fourons et de Renaix (au Fiertel de Ronse), les sociétés de Volontaires de 1830 (Bruxelles, Châtelet, …), les Canaris et le Premier Régiment d’Infanterie des Etats Belgiques Unis (Namur)… ont un caractère belge.

Notons aussi l’exemple sur les nombreux groupes de gilles (avec le « Lion Belgique ») qui font désormais la fierté de notre folklore belge à l’échelle mondiale.

 

 

 

4 Nos marches belges dans le giron des marches à travers l’Europe

 

J’ai relevé 8 pays où se trouvaient des marches correspondant à la définition d’une marche donnée par notre président de l’Association dans le Marcheur (défilé militaire et procession en l’honneur d’un saint - non d’un assassin tel que Napoléon): l’Italie, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne, l’Espagne, la France (Savoie, Provence), les Pays-Bas (gilden) et évidemment la Belgique.

Toutes les marches y relevées sont respectueuses du passé historique de leur pays ou région respectifs et ne défilent pas dans d’anciens costumes d’envahisseurs. Sauf chez nous, qui possédons outre nos marches belges des marches révisionnistes car napoléoniennes.

Ces marches à l’étranger peuvent décidément nous donner une leçon de civisme.

 

 

 

5 Sites iconographiques conseillés

 

 

costumes belges, belgo-hollandais

 

 

http://belgian-army-uniforms-in-pictures.skynetblogs.be   (280 uniformes)

 

www.collezioni-f.it/.../ belgio/enbelgio.html.

 

 

 

17:53 Écrit par justitia&veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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